L’amiante est un élément naturel : c’est un minéral inerte de la famille des silicates que l’on retrouve dans certaines roches. Ces roches sont naturellement fibreuses.
On trouve des gisements d’amiante partout dans le monde. Pendant les trois premiers quarts du XXe siècle, l’amiante a été surtout produite et consommée dans les pays industrialisés. Le Canada et l’ancienne Union soviétique ont fourni plus des deux tiers de la production mondiale au cours du XXe siècle. Environ 174 millions de tonnes d’amiante ont été produits tout au long du XXe Siècle. Aujourd’hui encore, si l’utilisation de l’amiante est interdite en Europe, on continue d’en extraire 80 kgs par seconde de par le monde.
Les propriétés de l’amiante sont reconnues depuis longtemps comme en atteste le nom « amiante » lui-même : il provient du grec Amiantos, qui signifie inaltérable, imputrescible. Les propriétés de l’amiante sont en fait nombreuses : outre une capacité à résister à la tension, une résistance au filage et un pouvoir absorbant non négligeable, l’amiante est imputrescible, résiste particulièrement à la chaleur, au feu, et aux agressions électriques et chimiques.
L’amiante a commencé à attirer l’attention des industriels à la fin du XIXe Siècle.
En l’absence de réglementation concernant sa nocivité, l’amiante, au regard de ses exceptionnelles propriétés, a longtemps été considérée comme un véritable « matériau miracle » capable de répondre aux exigences diverses de l’industrie.
Outre ses nombreuses propriétés notamment en terme d’isolation thermique, cette fibre a aussi pour elle d’être naturellement résistante, contrairement aux fibres artificielles utilisées par les industriels comme la fibre de verre ou encore le kevlar. D’où des coûts de production moins élevés : environ 5 fois moindres que pour des fibres artificielles.
Les matériaux utilisés dans le secteur des BTP comportant de l’amiante sont très nombreux, notamment:
Des constructions en amiante-ciment (conduites, plaques ondulées et canalisations notamment), ce matériau représentant à lui seul environ 90 % de l’utilisation de l’amiante.
Des faux-plafonds.
Des enduits, mortiers, colles, enduits, mastics, joints, peintures, bitumes.
Des dalles ou revêtements de sols en matière plastique.
Des isolants de gaines, conduits, canalisations, plafonds et cloisons sous forme de calorifugeages et flocages à base d’amiante.
Progressivement, l’utilisation de certaines formes d’amiante a été interdite dans certains pays, et de toute forme d’amiante dans d’autres. Ainsi, au niveau européen, l’Italie et les Pays-Bas ont interdit totalement l’amiante en 1993, l’Autriche et la Finlande en 1994 ainsi que l’Allemagne la même année avec des dérogations. En France les premières restrictions sont apparues en 1977 dans les flocages appliqués aux bâtiments d’habitation et en 1980 dans tous les bâtiments. L’usage de l’amiante a été interdit totalement depuis le 1er Janvier 1997 par le décret n° 96-1133 du 24 décembre 1996 relatif à l’interdiction de l’amiante, pris en application du code du travail et du code de la consommation. L’usage de l’amiante est également désormais interdit en Europe depuis le 1er Janvier 2005, date de la fin de la période transitoire de 5 ans tolérée par la directive européenne 1999/77/CE de la Commission du 26 Juillet 1999.
Non, rien n’oblige à retirer l’amiante en place dans la réglementation actuelle. Sauf dans certains cas de détérioration sur les flocages, calorifugeages, et faux-plafonds. C’est ce que l’on appelle le niveau 3. Des travaux appropriés peuvent alors être prescrits, allant de l’encoffrement à l’encapsulage et au retrait.
La réglementation oblige à un contrôle périodique à partir d’un Dossier Technique Amiante (DTA), élaboré à partir de constats visuels de l’état de conservation de l’amiante.
La réglementation fixe 3 listes de catégories de matériaux.
Ces listes exigent une surveillance particulière que l'on peut résumer ainsi :

Liste A
(flocage/calorifugeage/faux-plafond)
Liste B
(autre matériau de type enduit projeté/cloison/dalle de sol)
Liste C
Niveau 1 : état non dégradé, bon état EP : Évaluation Périodique Avant
démolition
Niveau 2 : état intermédiaire, vérification de
l’empoussièrement de l’air obligatoire
AC1 : Action Corrective de niveau 1
Niveau 3 : mauvais état, travaux appropriés
obligatoires dans un délai de 3 ans
AC2 : Action Corrective de niveau 2
L’entreprise chargée du désamiantage doit respecter un cahier des charges définissant notamment un programme concernant la zone à désamianter et les matériaux à retirer. Un confinement étanche à l’eau et à l’air est mis en place. Dès lors, les accès au chantier ne peuvent s’effectuer que par une série de sas avec des procédures de décontamination en sortie. Une fois le chantier confiné, on effectue un test d’étanchéité à la fumée : la zone est saturée de fumée et l’on vérifie qu’elle ne s’échappe pas. Le désamiantage est alors réalisé. Une fois cette phase terminée, on procède à un examen visuel de contrôle et à des analyses d’air. Durant toutes les phases du chantier des analyses d’air ont lieu dans la zone et hors de la zone.
Les normes à respecter sont alors de deux types :
- Pour le public, sur la base du code de la santé publique, le seuil réglementaire est de 5 fibres d’amiante par litre d’air. L’arrêté préfectoral du 15 mai 2014 pour l’Ensemble Immobilier Tour Maine Montparnasse va plus loin et fixe un seuil d’alerte à 4 fibres d’amiante par litre d’air.
- Pour les travailleurs de l’amiante, et à l’intérieur d’une zone de chantier, sur la base du code du travail (100 fibres d’amiante par litre d’air / 8h de travail sur site et 10 fibres d’amiante par litre d’air selon la règlementation à venir au 1er juillet 2015).
L’entreprise chargée du désamiantage dépose un plan de retrait précisant toutes les modalités d’intervention, de contrôle et de vérification. L’inspection du Travail et la Caisse Régionale d’Assurance Maladie (CRAM), accessoirement l’Organisme Professionnel de Prévention du Bâtiment et des Travaux Publics (OPPBTP), ont 30 jours pour donner leur avis sur ce document.
A la fin des travaux de désamiantage la réglementation exige qu’un organisme externe, indépendant, procède à ce que l’on appelle un “examen visuel”. Les représentants de cet organisme rentrent alors sur le chantier et vérifient que l’amiante qui devait être retirée l’a été correctement. Cet examen se fait en deux étapes, avant et après la dépose du confinement. Des mesures d’air sont effectuées, notamment afin de vérifier que l’on est bien en dessous du seuil de 5 fibres d’amiante par litre d’air (seuil réglementaire).
L’amiante est toxique par inhalation. De 400 à 500 fois moins épaisses qu’un cheveu, les fibres d’amiante sont totalement invisibles dans l’air que nous respirons et n’ont ni odeur ni saveur. Nous les inhalons donc et elles se déposent au fil du temps dans les poumons. A terme, elles peuvent alors provoquer des maladies bénignes comme les plaques pleurales ou graves comme les cancers des poumons et de la plèvre (mésothéliome) notamment. Le temps de latence, c’est à dire le moment entre lequel on respire de l’amiante et le moment où l’on est susceptible de déclencher une maladie, va de 10 à 40 ans.
Des populations le sont tout particulièrement, notamment les travailleurs de l’amiante qui ont été mis en contact régulier avec cette fibre (personnels des mines d’amiante, personnels des usines d’amiante, personnels du secteur du bâtiment travaillant sur des chantiers de réhabilitation ou de démolition, professionnels du désamiantage, ou encore personnels impliqués dans l’entretien et la réparation de lieux ou de produits contenant de l’amiante tels que les garagistes : le taux d’amiante de 5 fibres (seuil réglementaire) par litre qu’il est interdit de dépasser aujourd’hui était un taux qui se retrouvait fréquemment dans les rues des villes lorsque les freins des voitures étaient fabriqués à base d’amiante). D’une façon générale, nous sommes tous concernés étant donné que l’amiante a été largement utilisée autour de nous. La plupart des bâtiments édifiés entre 1955 et 1995 contient de l’amiante. On estime que 95% des HLM construits dans les années 70, mais aussi la plupart des bâtiments publics (hôpitaux, écoles, métros…) en contiennent, et même des bâtiments construits bien antérieurement mais rénovés et modernisés.
L’amiante ne se repère pas à l’œil nu. Il est nécessaire qu’un laboratoire spécialisé réalise une analyse.
Oui, c’est le cas des matériaux friables (flocages, calorifugeages…) qui ne libèrent des fibres dans l’air qu’en cas de dégradation, à l’inverse des matériaux non friables (plaques amiante ciment, dalles vinyle amiante, joints…) qui n’émettent pas de fibres sans agression extérieure (grattage, perçage, ponçage…). Autrement dit, l’amiante n’est toxique que lorsqu’elle se désagrège et qu’on en respire les poussières.
On prélève l’air et on compte les fibres d’amiante présentes. Seuls les organismes homologués dont la liste est publiée au Journal Officiel sont habilités par le COFRAC (Comité Français d’Accréditation) à effectuer ces prélèvements et ces analyses. Les prélèvements se font au moyen d’une pompe qui aspire l’air pendant un temps défini et représentatif, allant de quatre heures à vingt-quatre heures. Selon la réglementation en vigueur, le laborantin en charge de l’analyse ne retient que les fibres dont les longueurs sont supérieures à 5 microns, les diamètres inférieurs à 3 microns et dont le diamètre est au moins trois fois plus fin que la longueur.
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